Après un ralentissement en 2009, le premier opérateur européen d’avions d’affaires se ressaisit.
L’Echo, 2 Septembre 2011
Eric Connor, Président et directeur général de NetJets Europe, a pris ses fonctions en 2009, c’est-à-dire au plus mauvais moment pour l’aviation d’affaires. Très touché par la crise financière de 2008, le marché a chuté de 20 % et, sur celui très spécifique de la propriété partagée, NetJets n’a pas échappé au mouvement. « Fin 2009, on a enregistré une stabilisation, explique Connor, et même une relance de l’ordre de 8 à 9 % au début de 2010. C’est alors que l’épisode du volcan islandais nous est tombé dessus. Si l’aviation commerciale a pâti des immobilisations, nous aussi bien entendu. »
Résultat, la progression a été de 5 à 6 %, ce qui ne constituait pas un rattrapage suffisant pour enregistrer des profits nets, malgré des bénéfices opérationnels. Dans l’immédiat, les profits nets ne se dégageraient que moyennant toute une série de conditions liées à la santé économique du continent européen, au cours du dollar, voire à des ventes exceptionnelles. Toutefois, l’opérateur avait prévu une formidable croissance dès cette année, notamment avec l’acquisition de nouveaux avions. NetJets a préféré temporiser, comme l’explique Connor : « On a reprofilé nos livraisons d’avions neufs dans le temps. Nous avons eu des discussions avec les constructeurs avec qui nous avons des liens assez forts et nous avons pu obtenir des conditions satisfaisantes. » Si Connor confirme qu’au premier semestre « NetJets suit la ligne budgétée en matière de reprise des vols », il estime néanmoins que « la vraie reprise est attendue entre 2013 et 2015 ».
On imagine volontiers que les fournisseurs d’avions de NetJets soient « compréhensifs ». Avec 150 avions dans sa flotte, soit la plus importante d’Europe et 1.600 clients, NetJets ne dicte peut-être pas sa loi, mais on lui déroule volontiers le tapis rouge, crise ou pas crise. Et s’il faut attendre 2012 - qu’Eric Connor qualifie d’« année charnière » - pour livrer les premiers avions, il en sera ainsi. Du reste, pour bien marquer son optimisme, le groupe NetJets a commandé en mars dernier 50 Bombardier de la série Global pour 2,8 milliards d’USD. Elle fait suite à celle pour des Embraer (Phenom) et des Dassault 7X (24 unités pour 1,1 milliard d’USD). Lancée il y a quinze ans et soutenue depuis 1998 par le groupe Berkshire Hathaway de Warren Buffet (qui en était un « client très satisfait »), NetJets a imprimé sa marque sur le continent et vise maintenant les pays de l’Est jusqu’en Inde. « La grande différence entre l’Est et l’Occident, c’est que là-bas, ils sont fiers de voyager en avion d’affaires et qu’ils le montrent », sourit Eric Connor.
Depuis 2004, NetJets Europe a très bien pénétré le marché belge aussi. Cette année-là, 700 vols avaient été assurés par l’entreprise. Ils étaient 1.200 en 2009 et un peu plus en 2010. Au premier semestre de cette année, on atteignait déjà les 650 liaisons. Au vu des chiffres de 2010, plus de 900 vols ont eu Bruxelles pour aéroport de départ, 120 sont partis d’Anvers, 90 de Liège et 50 d’Ostende. Quant aux destinations, on trouve dans le «Top 10» Paris Le Bourget en premier (ce qui est assez étonnant quand on songe qu’il faut autant de temps du Bourget au centre de Paris que le vol lui-même), puis Genève, Northolt, London City, Luton, Sion, Nice, Linate (Milan), Aix-les-Bains et… Schiphol!
Au premier semestre, sur l’ensemble des 25.000 vols opérés dans l’ensemble de l’Europe par NetJets, les aéroports les plus fréquentés ont été Paris-Le Bourget, Genève, London City, Farnborough et Nice. On n’a jamais dit que l’aviation d’affaires était réservée exclusivement aux déplacements d’affaires!